RÉFORME FISCALE : CHEIKH BA PLAIDE POUR UNE FISCALITÉ PLUS JUSTE ET PLUS EFFICACE
avril 3, 2025
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Cheikh Ahmed Tidiane Ba appelle à repenser la fiscalité sénégalaise en allégeant l’impôt sur le travail et en généralisant la TVA, y compris dans l’économie informelle. Son objectif
Cheikh Ahmed Tidiane Ba appelle à repenser la fiscalité sénégalaise en allégeant l’impôt sur le travail et en généralisant la TVA, y compris dans l’économie informelle. Son objectif : élargir la base fiscale tout en protégeant les plus vulnérables grâce à des mécanismes compensatoires. Inspiré de modèles internationaux, il défend une réforme plus équitable et mieux adaptée aux réalités économiques du pays.
_Voici l'intégralité de sa publication_ :
Et si on changeait notre façon de penser l’impôt dans une perspective de diminution des subventions publiques ou des exonérations sociales?
Le système fiscal au Sénégal est souvent jugé lourd pour les salariés, et peu efficace pour intégrer l’économie informelle. Pourtant, la pression fiscale reste faible comparée aux standards internationaux : autour de 18-20 %, alors qu’on vise 22 %, et que l’OCDE tourne autour de 34 %.
Et si on inversait la logique : moins taxer le travail, et davantage la consommation ? L’idée serait de généraliser la TVA, même à l’informel, tout en exonérant les petits revenus de l’impôt sur le revenu. Un modèle plus simple, plus juste, qui élargit la base fiscale.
Mais attention : la TVA peut être injuste si elle n’est pas accompagnée. D’où l’importance de mécanismes de compensation : • transferts mensuels ciblés, • TVA réduite sur les produits essentiels, • subventions pour la santé, l’éducation, le transport, • usage du NINEA et d’un registre social pour bien identifier les bénéficiaires.
Des pays comme le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Brésil ou l’Estonie ont déjà osé ce virage.
Évidemment, ce modèle a ses critiques. Certains économistes (Piketty, Stiglitz, Sen…) rappellent que la TVA peut peser plus sur les pauvres. Mais avec une bonne redistribution et une gouvernance transparente, c’est une piste sérieuse pour bâtir un nouveau contrat social.
Taxer ce qu’on consomme. Soulager ceux qui travaillent. Et moderniser notre fiscalité pour plus de justice.