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CANDIDATURE DE MACKY SALL À L’ ONU : BABACAR GAYE ENTRE DIPLOMATIE OFFENSIVE ET BATAILLE DES RÉCITS

  • juin 6, 2025
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Alors que la rumeur d’une possible candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies se propage, les prises de position se multiplient

CANDIDATURE DE MACKY SALL À L’ ONU : BABACAR GAYE ENTRE DIPLOMATIE OFFENSIVE ET BATAILLE DES RÉCITS

Alors que la rumeur d’une possible candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies se propage, les prises de position se multiplient au sein de la classe politique sénégalaise. Si aucune annonce officielle n’a été faite à ce jour, les réactions, elles, sont déjà vives. En témoignent les critiques fermes de deux figures politiques féminines : Aminata Touré et Yassine Fall. Face à ces attaques, l’ancien ministre Babacar Gaye a publié un texte virulent intitulé « Géopolitique et esprits maléfiques », dans lequel il prend la défense de l’ex-chef de l’État tout en adressant de sévères critiques à ses opposantes.

Un contexte de diplomatie post-présidentielle

La spéculation autour d’une candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU intervient dans un moment délicat de la recomposition du paysage politique sénégalais, marqué par l’alternance incarnée par le président Bassirou Diomaye Faye. L’ancien président, après douze ans au pouvoir, semble vouloir maintenir une présence active sur la scène internationale, à défaut d’un rôle de premier plan dans la politique intérieure. Dans ce cadre, une candidature à une organisation multilatérale comme l’ONU constituerait une continuité logique de son ambition panafricaine et diplomatique.

Babacar Gaye évoque cette dynamique dans sa publication, soulignant que Macky Sall « peaufine sa stratégie » et « élargit son cercle d’influence » dans les sphères internationales où les alliances sont déterminantes. Il insiste sur le fait que si cette candidature est portée par des puissances comme les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Union européenne ou encore l’Union africaine, il sera difficile à ses opposants de l’enrayer.

Ligne de fracture entre ancienne et nouvelle diplomatie

Le texte cible particulièrement Yassine Fall, actuelle vice-ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de rupture de Diomaye Faye. Selon Babacar Gaye, cette dernière s’exprime « sur des rumeurs d’une candidature non encore officielle » et alimente inutilement la polémique. En tant que représentante de la diplomatie sénégalaise, ses propos sont interprétés par l’ancien ministre comme une rupture de la tradition de réserve sur les dossiers sensibles relevant de la haute diplomatie.

Aminata Touré, de son côté, est accusée de poursuivre un contentieux personnel avec Macky Sall, au point de « dévoiler des signes pathologiques d’une haine mal contenue », selon les mots de Gaye. Cette sortie traduit une tension persistante entre l’ancien régime et certaines de ses anciennes figures, désormais rangées dans l’opposition ou critiques virulents de l’ex-président.

Institution contre opinion : qui décide ?

Au cœur de cette polémique se pose une question fondamentale : qui parle au nom du Sénégal dans les affaires internationales ? Babacar Gaye rappelle que ce dossier relève du « domaine réservé » du chef de l’État. En ce sens, la parole officielle du président Diomaye Faye est attendue pour trancher entre les spéculations, les ambitions et les postures.

L’ancien ministre semble jouer une carte stratégique : prendre de court les opposants tout en installant Macky Sall comme un candidat sérieux sur la scène mondiale, préparant ainsi l’opinion à une éventuelle annonce officielle. Il présente cette possible nomination comme l’aboutissement d’« une vie au service de l’Afrique », et comme une revanche symbolique sur ceux qu’il qualifie d’« oiseaux de mauvais augure ».

Entre vision diplomatique et règlement de comptes politique

Au-delà de la forme provocante de la tribune notamment la comparaison finale avec des « mégères » historiquement associées « au mal, au diable et au péché » — le fond révèle une fracture plus profonde entre deux visions du rôle post-présidentiel. D’un côté, une logique d’ancrage international dans la tradition des anciens chefs d’État africains devenus médiateurs ou diplomates de haut niveau ; de l’autre, une volonté de rupture incarnée par les nouvelles autorités, soucieuses de tourner la page Macky Sall.

La publication de Babacar Gaye ne vise donc pas seulement à défendre un homme, mais à imposer une narration : celle d’un Macky Sall encore influent, incontournable, et légitime à porter les aspirations africaines au sein des grandes institutions mondiales.

Par: Colylamine
Redaction: Dakmedina.com

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