CHRONIQUE SATIRIQUE / CONTE POLITIQUE : Le Coq, le Crocodile… le Royaume des Illusions et l’Opposition qui Rit Sous Cape
novembre 23, 2025
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Il était une fois, dans un royaume qui croyait avoir touché du doigt la renaissance, deux créatures légendaires étaient montées au pouvoir.Un Coq fier, tout de blanc vêtu,
Il était une fois, dans un royaume qui croyait avoir touché du doigt la renaissance, deux créatures légendaires étaient montées au pouvoir. Un Coq fier, tout de blanc vêtu, censé réveiller l’aube politique. Et un Crocodile fougueux, surgissant des marécages de la contestation.
Tous deux soudés par la prison, la souffrance et la promesse d’un matin nouveau. On disait d’eux qu’ils étaient frères siamois, un tandem indissoluble, un duo de choc qui allait sauver le royaume.
On murmurait partout dans les villages : « Le Coq, c’est le Crocodile. Le Crocodile, c’est le Coq. » Comme si le destin les avait tissés dans la même étoffe.
Mais dans les contes, les alliances les plus fusionnelles sont parfois celles qui éclatent le plus violemment.
Au début, tout semblait parfait. Le Coq chantait, le Crocodile grognait, et le peuple applaudissait, persuadé d’avoir la paire la plus solide depuis l’invention des duos politiques.
Mais très vite, quelque chose se brisa dans la mécanique magique.
Chaque chant du Coq irritait le Crocodile. Chaque grognement du Crocodile perturbait le Coq.
Et dans les coulisses du royaume… l’opposition les observait, médusée, les yeux écarquillés comme devant une pièce comique inattendue. Et surtout, elle riait sous cape : « Les frères siamois qui promettaient une révolution parfaite… regardez-les maintenant ! »
Dans le grand palais, on voyait désormais deux ombres se battre pour la lumière.
L’ombre nerveuse du Crocodile. L’ombre hésitante du Coq.
Les scribes du royaume chuchotaient : « Ce n’est plus un tandem… c’est un duel en slow motion. »
Pendant ce temps, l’opposition resservait du thé, savourant le spectacle : « Le duo de choc ? On dirait plutôt deux coqs dans la même basse-cour… ou deux crocodiles dans la même mare. »
Ah, l’opposition ! Elle qui n’avait même pas eu le temps de s’organiser après la défaite électorale. Elle qui pensait être condamnée à l’ombre pendant des années…
La voilà qui jubile discrètement.
Elle voit le Coq marcher sur des œufs. Le Crocodile marcher sur son orgueil. Le royaume marcher sur place.
Et elle murmure dans un sourire : « Finalement, pas besoin de comploter… ils le font très bien tout seuls. »
Le royaume n’est pas naïf. Il connaît l’histoire. Car en Afrique, les duos au pouvoir ont une fâcheuse tendance à se finir au couteau, au complot, ou au tribunal.
Les sages rappellent :
Sankara et Compaoré, amis hier, tragédie demain.
Ouattara et Soro, duo prometteur devenu duel explosif.
Assimi Goïta et Choguel, presque un feuilleton.
Wade et Idrissa Seck, mentor et fils spirituel devenus rivaux.
Ghazouani et Aziz, voisins de chaise puis frères ennemis.
Adama Barrow et Darboe, compagnons d’avant, adversaires d’après.
Senghor et Mamadou Dia, rupture mythique.
Biya et Ahidjo, alliance brisée par les années… et par l’ambition.
Alors le peuple demande : « Notre Coq et notre Crocodile feront-ils mieux ? Ou suivront-ils la même malédiction africaine des duos qui s’effondrent sous le poids du pouvoir ? »
Le Crocodile refuse de quitter ses eaux. Il sait que s’il sort du bassin du pouvoir, il redeviendra un simple reptile.
Le Coq refuse de chanter trop fort. Il craint que son propre partenaire ne le dévore dans un accès de colère.
Pendant ce temps, le royaume s’enlise dans une demi-nuit politique. Une aurore qui n’arrive plus. Un soleil qui hésite. Un peuple qui soupire.
Et l’opposition, toujours hilare, murmure : « On vous avait dit… le pouvoir transforme les frères siamois en adversaires cicatriciels. »
Morale Satirique
Quand deux bêtes politiques confondent leur fraternité avec un destin national, quand l’un refuse de descendre de l’eau, quand l’autre refuse de chanter franchement, le royaume devient leur otage.
Et pendant qu’ils se chamaillent, le pays, lui, attend… comme un enfant oublié à l’école après la classe. Dans les contes africains comme dans la vraie vie, ce ne sont jamais les animaux puissants qui souffrent le plus… mais les habitants du royaume.