3 February 2026
Actualités Politique

CASAMANCE : TOURNÉE ÉCONOMIQUE, FOULE ABSENTE… ET PRÉSIDENT DIOMAYE EN SOLO

  • décembre 23, 2025
  • 0

La tournée économique du président Bassirou Diomaye Faye en Casamance a fait parler moins par les projets annoncés que par un phénomène beaucoup plus parlant : l’absence quasi

CASAMANCE : TOURNÉE ÉCONOMIQUE, FOULE ABSENTE… ET PRÉSIDENT DIOMAYE EN SOLO

La tournée économique du président Bassirou Diomaye Faye en Casamance a fait parler moins par les projets annoncés que par un phénomène beaucoup plus parlant : l’absence quasi totale de foule, surtout à Ziguinchor. En politique, un vide aussi sonore que celui-là en dit parfois plus que mille applaudissements.
La Casamance, région naturelle et historique, n’est plus administrative qu’une fiction : trois régions aujourd’hui, Ziguinchor, Sédhiou et Kolda. Chaque territoire a ses attentes, ses urgences, ses frustrations. Mais pour Ziguinchor, la lecture a été simple : le président est passé, les projets ont été exposés, et le peuple… est resté chez lui. Pas de liesse, pas de youyous, pas de drapeau agité. Juste le silence. Un silence qui parle.
Alors, comment interpréter cette absence ? Trois lectures s’imposent.
Pour certains, c’est un flop : le peuple n’a pas répondu, décalage flagrant entre le pouvoir et les attentes locales. Pour d’autres, un choix stratégique : gouverner sobrement, sans décor humain, préférant les projets aux applaudissements. Et pour les derniers, une rupture avec les tournées-spectacle d’antan, rompant avec la logique des foules comme validation automatique du pouvoir.
Mais même la rupture exige d’être comprise. Ici, le silence populaire semble dire : « Nous n’avons pas été conviés à la fête, alors nous restons spectateurs. » Une indifférence qui, paradoxalement, en dit plus long que n’importe quel mouvement de foule.
Car, dans nos sociétés, la foule est un thermomètre symbolique. Elle ne construit pas la route, elle ne finance pas le projet. Mais elle dit si le pouvoir touche ou rate le cœur des gens. Gouverner sans elle, c’est naviguer dans un désert qu’on doit apprendre à lire.
Et le plus ironique ? Les consignes politiques pour un accueil chaleureux ont été totalement ignorées. La population n’a ni hué, ni applaudi. Elle a juste choisi le silence. Ce silence, c’est une formidable forme de commentaire politique, plus cinglant qu’un éditorial entier.
À ce rythme, le prochain bain de foule du président risque de se transformer en spectacle privé : un stade vide, le président seul sur l’estrade, ses dossiers en guise de public, et les chaises VIP qui, avec un peu de caractère, pourraient décider de ne pas applaudir. Après tout, en politique comme en Casamance, certains spectateurs savent que le silence, c’est le vrai jugement, et qu’un chef sans ovation, c’est comme un roi sans couronne : techniquement en place, mais tragiquement invisible.

Par: Colylamine
Rédaction: Dakmedina.com

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Verified by MonsterInsights