14 February 2026
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UNIVERSITÉS DU SÉNÉGAL : CHRONIQUE D’UN ÉCHEC RÉPÉTÉ

  • février 14, 2026
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Bis repetita. Encore une crise. Encore des affrontements. Encore des blessés. Encore un mort. Les universités sénégalaises semblent condamnées à rejouer le même drame, indépendamment des régimes et

UNIVERSITÉS DU SÉNÉGAL : CHRONIQUE D’UN ÉCHEC RÉPÉTÉ

Bis repetita.

Encore une crise.

Encore des affrontements.

Encore des blessés.

Encore un mort.

Les universités sénégalaises semblent condamnées à rejouer le même drame, indépendamment des régimes et des promesses de rupture. Les visages au sommet changent, mais dans les campus, le scénario reste intact.

Tout part souvent des bourses impayées. Une revendication sociale légitime. Un droit, pas une faveur. Puis la tension monte. Les amphithéâtres se vident, les pavillons s’échauffent, les pierres fusent. Les forces de l’ordre entrent en scène. Gaz lacrymogènes. Arrestations. Fermeture du campus social.

Et l’irréparable survient.

À chaque crise, le pouvoir dénonce des tentatives de manipulation, des connivences politiques, une volonté de déstabilisation. À chaque crise, les étudiants dénoncent l’abandon social et la réponse sécuritaire. Entre ces deux discours, la vérité se noie dans la fumée.

Mais la question centrale demeure :

Pourquoi, depuis des décennies, rien ne change ?

Pourquoi le respect du quantum horaire reste-t-il une exception ?

Pourquoi les années académiques se chevauchent-elles au point de désorganiser des promotions entières ?

Pourquoi la réforme structurelle de l’université est-elle toujours annoncée, jamais achevée ?

La franchise universitaire, jadis symbole d’autonomie intellectuelle, est désormais fragile. L’espace du savoir est régulièrement transformé en zone d’intervention sécuritaire. L’université n’est plus seulement un lieu de formation ; elle devient un thermomètre des tensions sociales du pays.

Il ne s’agit plus d’un simple problème d’ordre public.

Il s’agit d’un échec collectif de gouvernance.

On ne résout pas une crise sociale durable avec des mesures conjoncturelles. On ne restaure pas la sérénité académique par la seule présence policière. On ne construit pas une nation en laissant sa jeunesse osciller entre précarité et confrontation.

Chaque étudiant mort dans un campus est une défaite nationale.

Chaque année académique désorganisée est une fracture supplémentaire dans la confiance.

La violence engendre la violence.

Et tant que les causes structurelles ne seront pas affrontées avec courage, lucidité et dialogue sincère, les universités du Sénégal resteront prisonnières d’un cycle tragique.

Bis repetita.

Par: Colylamine

Redaction: Dakmedina.com

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