SONKO À L’UA : QUAND LA DIPLOMATIE DEVIENT UN TERRAIN MINÉ
février 14, 2026
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Le Premier ministre Ousmane Sonko est arrivé ce vendredi à Addis-Abeba pour représenter le président Bassirou Diomaye Faye à la 39ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs
Le Premier ministre Ousmane Sonko est arrivé ce vendredi à Addis-Abeba pour représenter le président Bassirou Diomaye Faye à la 39ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. Un déplacement officiel, certes, mais politiquement sensible. Au cœur de cette mission plane la candidature de l’ancien président Macky Sall à un poste stratégique aux Nations unies. Si certaines capitales africaines soutiennent cette candidature, elle divise profondément au Sénégal, y compris au sein de Pastef, dont une frange refuse catégoriquement de l’appuyer. En mandatant Sonko, Diomaye Faye respecte le protocole, mais place son Premier ministre face à un véritable dilemme : soutenir Macky Sall et heurter sa base politique, ou prendre ses distances et risquer des accusations de fragilisation de la diplomatie africaine. Quelle que soit sa posture, le coût politique est réel. Certains considèrent cette mission comme une « patate chaude », d’autres comme une opportunité pour Sonko de démontrer sa stature d’homme d’État, au-delà des clivages internes. À l’UA, les enjeux sont continentaux, et chaque position se négocie avec nuance. Sonko devra concilier trois impératifs : préserver la cohérence diplomatique du Sénégal, respecter la sensibilité de sa base politique et affirmer la ligne de gouvernance portée par Diomaye Faye. Au-delà de la candidature de Macky Sall, cette mission teste la capacité du nouveau pouvoir à gérer l’héritage politique sans renier ses principes. À Addis-Abeba, Sonko ne représente pas seulement le président : il incarne une transition, une promesse de rupture et désormais une responsabilité continentale.