Qui paye les chroniqueurs ? : Une Réflexion sur l’Éthique et la Régulation des Médias au Sénégal
août 2, 2024
0
Dans l’espace médiatique sénégalais, l’usurpation d’identité et le manque de rigueur professionnelle sont devenus préoccupants. La complaisance des journalistes et des communicants, face à la protection des valeurs
Dans l’espace médiatique sénégalais, l’usurpation d’identité et le manque de rigueur professionnelle sont devenus préoccupants. La complaisance des journalistes et des communicants, face à la protection des valeurs éthiques et déontologiques, a permis l’émergence de figures douteuses qui, en se faisant entendre bruyamment, influencent l’opinion publique de manière souvent nuisible. Ces individus imposent leurs opinions, transformant les plateaux de télévision et les radios en arènes où prédominent les cris et les insultes, dégradant ainsi le débat public.
La question de « qui paye les chroniqueurs ? » s’avère cruciale, car elle interroge sur l’origine des financements et leurs objectifs. L’information, étant un pouvoir, mérite une régulation stricte pour éviter les dérives. Les sujets sensibles touchant aux croyances et aux valeurs sociales doivent être encadrés pour protéger la dignité des citoyens. La liberté d’expression ne doit pas se confondre avec la liberté d’agression ; les professionnels de la communication doivent faire preuve de retenue et de respect.
La montée des « mauvais influenceurs » et des insulteurs, souvent obsédés par le nombre de vues plutôt que par l’impact positif de leurs discours, contribue à une déchéance morale collective. Ces acteurs, souvent dépourvus d’influence réelle et de substance, alimentent une culture de vanité et de superficialité, délaissant les véritables réalisations et les talents méconnus qui pourraient réellement faire progresser la société.
Il est urgent de choisir entre la passivité face à cette dérive ou une action collective pour restaurer la qualité du débat public. Des efforts devraient être consacrés à promouvoir et soutenir les réussites individuelles et collectives qui méritent attention, plutôt que de se laisser captiver par des contenus superficiels et destructeurs.
De plus, la prolifération des réseaux sociaux et la sédentarité qu’ils encouragent sont liées à une série de problèmes de santé publique. Les plateformes numériques, qui favorisent des interactions superficielles et manipulées par des algorithmes, contribuent à la dégradation des liens sociaux et à la propagation de contenus peu enrichissants.
Il est impératif que le métier de chroniqueur soit régulé par des normes strictes, avec des formations sur la déontologie et la vérification des faits. La création de statuts clairs, de conventions collectives, et de textes réglementaires pour encadrer ces nouveaux métiers est essentielle pour assurer la sécurité publique et promouvoir une gouvernance plus rigoureuse.
Ainsi, la victoire de la société sénégalaise en 2024 dépendra de sa capacité à mettre de l’ordre dans un espace médiatique actuellement chaotique et à promouvoir une gouvernance plus transparente et éthique.