Sécurité Routière au Sénégal : Un Appel à l’Action Face à la Crise
août 3, 2024
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Le gouvernement du Sénégal réitère son engagement ferme pour éradiquer l’insécurité routière, un fléau aux coûts sociaux, économiques et écologiques incalculables. Selon le rapport 2015 de l’Organisation mondiale
Le gouvernement du Sénégal réitère son engagement ferme pour éradiquer l’insécurité routière, un fléau aux coûts sociaux, économiques et écologiques incalculables. Selon le rapport 2015 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les accidents de la route causent 1,3 million de décès par an dans le monde. Au Sénégal, les statistiques des trois dernières années révèlent une moyenne annuelle de plus de 4000 accidents de circulation, dont 745 décès en 2019, soit près de 2 décès par jour. Dans ce contexte, M. Malick Ndiaye, Ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, a souligné l’urgence d’intensifier les efforts pour améliorer la sécurité routière. Il a rappelé que les accidents de la route sont la principale cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 24 ans et la deuxième chez les 25-39 ans, après le Sida. L’urbanisation rapide, la motorisation croissante et la jeunesse de la population suggèrent une aggravation possible de cette situation, touchant principalement les usagers les plus vulnérables. Pour contrer ce fléau, le Sénégal met en œuvre une série de mesures dans le cadre du Plan Sénégal Émergent (PSE), avec un accent particulier sur la modernisation des transports. L’année 2020 a été déclarée « année de la Sécurité routière », et la création de l’Agence Nationale de Sécurité Routière (ANASER) en 2021 marque un tournant significatif dans les efforts pour améliorer la sécurité sur les routes. Les actions prévues incluent :
La généralisation du renouvellement du parc automobile ;
La numérisation et sécurisation des titres de transport ;
L’extension du contrôle technique moderne à l’échelle nationale ;
La modernisation du réseau routier et autoroutier avec un focus sur la signalisation routière et l’audit de sécurité routière ;
La mise en place de nouveaux modes de transport collectif comme le TER et le BRT ;
La révision du Code de la route avec des innovations majeures, telles que la responsabilisation accrue des conducteurs, l’introduction du permis à points, et des exigences plus strictes pour la formation des conducteurs.
Le Sénégal prend également des mesures spécifiques pour protéger les personnes vulnérables, en renforçant l’éducation à la sécurité routière, en améliorant la gestion des données d’accidents, et en développant les services d’urgence post-accident.
Malgré ces efforts, les accidents continuent d’augmenter. Le ministre de l’Intérieur, Jean-Baptiste Tine, a récemment exprimé sa préoccupation face à la situation. Après un accident tragique à Bandia ayant causé trois décès, il a annoncé la tenue prochaine d’un conseil interministériel pour adopter des mesures plus rigoureuses. Tine a également critiqué les pratiques douteuses liées aux certificats de contrôle technique et la performance insuffisante des agents de contrôle routier. Il a proposé d’équiper les gendarmes et policiers de caméras pour filmer leurs actions et lutter contre la corruption.
L’engagement des autorités est clair, mais il est crucial de poser le doigt sur les véritables problèmes et d’adopter des solutions radicales et définitives pour réduire le nombre de victimes sur nos routes.