Parmi les figures emblématiques de l’histoire des Mourides, Serigne Bassirou Mbacké, né en 1895 et décédé en 1966, occupe une place particulière. Père de l’actuel Khalife général de
Parmi les figures emblématiques de l’histoire des Mourides, Serigne Bassirou Mbacké, né en 1895 et décédé en 1966, occupe une place particulière. Père de l’actuel Khalife général de Touba, Serigne Mountakha Mbacké, il est surtout connu sous le nom de « Borom Porokhane », celui qui a redonné vie au village de ses ancêtres.
Né dans une famille profondément ancrée dans la spiritualité, Serigne Bassirou s’est distingué par son humilité et sa discrétion. L’éducation, l’agriculture, et surtout, la préservation de Porokhane, village natal de Mame Mor Anta Saly, le père de Serigne Touba, ont été au centre de ses préoccupations.
Chaque année, Porokhane devient le point de convergence de milliers de fidèles, venus accomplir le pèlerinage initié par Serigne Bassirou. Ce lieu, qu’il a patiemment restauré, est aujourd’hui un symbole vivant du respect des Mourides pour leurs ancêtres, un respect profondément enraciné dans la foi et la dévotion inculquées par Serigne Bassirou.
Toutefois, réduire Serigne Bassirou à un simple bâtisseur serait insuffisant. C’était un homme de savoir, passionné par les livres et la terre. Ses écrits continuent d’enrichir les esprits, tandis que la tradition agricole qu’il a établie nourrit encore les générations actuelles. Dans chaque arachide cultivée sous sa supervision, dans chaque mot écrit de sa main, on perçoit l’influence d’un homme qui, sans jamais rechercher la gloire, a su laisser une empreinte indélébile.
Serigne Bassirou entretenait une relation marquée par une profonde affection et un immense respect pour son aîné, Serigne Fallou. Les deux hommes partageaient une complicité rare, symbolisée par un épisode mémorable. Un jour, alors que Serigne Fallou prêchait à la Grande Mosquée, il interrompit son sermon pour permettre à Serigne Bassirou, qui venait d’arriver, de s’installer confortablement. Ce geste, simple en apparence, témoigne du respect mutuel et de la considération exceptionnelle qu’ils avaient l’un pour l’autre. Leur fraternité était telle que jamais l’un ne prenait une décision sans consulter l’autre.
Aujourd’hui, cet héritage spirituel se perpétue à travers son fils, Serigne Mountakha, qui guide la communauté mouride avec les mêmes valeurs de dévotion et d’humilité. L’esprit de Serigne Bassirou continue de vivre à travers chaque prière, chaque pèlerinage, chaque geste de foi. Plus qu’un simple gardien de Porokhane, il reste le protecteur silencieux d’une tradition qui ne cesse de nourrir les âmes et de renforcer la foi des Mourides.