3 March 2026
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AGORA OU HÉMICYCLE..TOUT ÇA POUR ÇA !Les rideaux se sont levés sur un spectacle digne des grandes tragédies grecques. Mais ici, point

  • avril 3, 2025
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de Sophocle ou d’Euripide à l’écriture, juste nos honorables députés, toujours fidèles à leur rôle de gladiateurs du verbe et du poing. Une scène oscillant entre indignation, arrogance,

AGORA OU HÉMICYCLE..TOUT ÇA POUR ÇA !Les rideaux se sont levés sur un spectacle digne des grandes tragédies grecques. Mais ici, point

de Sophocle ou d’Euripide à l’écriture, juste nos honorables députés, toujours fidèles à leur rôle de gladiateurs du verbe et du poing. Une scène oscillant entre indignation, arrogance, violence et comédie. Le changement promis ? Un mirage. La rupture annoncée ? Une chimère.

Décidément, à quand une Assemblée de rupture ?

Les mêmes causes, les mêmes effets

La pièce est bien rodée : la majorité écrasante vote comme un seul homme, la minorité s’indigne, gesticule et proteste, puis recommence. L’art du consensus reste une langue morte dans l’hémicycle. Là où l’on attendait un sérieux débat d’idées, nous avons eu droit à un festival de gesticulations et d’invectives.

Malgré les « Balenté akh ! » fusant des rangs à chaque prise de parole, les débats ont viré au pugilat verbal. Les dénonciations, cris d’orfraie, accusations, etc. n’y feront rien. Les députés Pastef, ultra majoritaires, ont voté la proposition de loi portant interprétation de la loi d’amnistie sans tambours ni trompettes.

La loi d'amnistie : justice ou mascarade ?

Pendant que certains voient dans la proposition une quête de justice, d’autres y dénoncent une loi de discorde, une manière habile d’absoudre les fautes des uns tout en clouant les autres au pilori. L’Assemblée nationale a adopté, après d’intenses débats, la proposition de loi portant interprétation de la loi d’amnistie du 13 mars 2024. 126 députés ont voté en faveur de son adoption, alors que 19 ont voté contre.

Les échanges se sont enflammés, avec des dialogues dignes d’un western politique : accusations, contre-attaques, répliques cinglantes. Thierno Alassane Sall parle de « justice sélective », tandis que Me Abdoulaye Tall dégaine un « Qui a recruté les nervis ? Qui les a armés ? Qui a ordonné de tirer ? ». Un véritable tribunal improvisé, où la réconciliation nationale promise par le Président Diomaye Faye semble à mille lieues.

Théâtre ou coup de maître ?

La surprise du jour est venue du ministre de la Justice, Ousmane Diagne, qui, tel un orateur romain, a tranché avec autorité. Mais fallait-il s’attendre à autre chose ? Les députés de Pastef exultent et applaudissent leur champion Amadou Ba Numéro 1, alors que la majorité joue la carte du vote en bloc, comme leurs prédécesseurs. La rupture… où est la rupture ?

Pendant ce temps, les tribunes résonnent des cris des militants et anciens détenus venus exiger justice. Quelques-uns s’effondrent, d’autres crient à l’injustice, tandis que la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu, Me Aïssata Tall Sall, assène un cinglant : « Demain, la vérité triomphera ! ». Ah, l’éloquence parlementaire !

Hémicycle ou champ de bataille ?

Les passes d’armes verbales se succèdent. Guy Marius Sagna s’en prend à Thierno Alassane Sall, l’accusant de « principes à géométrie variable ». Abdou Mbow joue les procureurs en pointant du doigt Ousmane Sonko, accusé d’avoir « commandité le chaos ». Me Tall réplique, exige des réponses : « Qui a ordonné quoi ? Qui doit répondre ? ». Le spectacle continue, sous les regards fascinés d’un public venu assister à ce cirque national.

```Et maintenant ?``` 

Finalement, la seule constante dans ce mélange de comédie et de drame, c’est que rien ne change. La partisanerie étouffe la sérénité, et l’impartialité s’est envolée par la fenêtre. Tant que la politique primera sur la vérité, tant que les intérêts partisans dicteront les votes, tant que les députés resteront des hérauts de leur camp plutôt que des représentants du peuple, l’Assemblée ne sera qu’une scène de plus où se joue une tragi-comédie sans fin.

Rideau… jusqu’au prochain acte !

Par: Colylamine
Rédaction: Dakmedina.com

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