JUSTICE SOUS PRESSION : l’UMS BRISE LE SILENCE ET RECADRE LE DÉBAT
avril 16, 2025
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Face à la montée des critiques sur la lenteur de certaines procédures judiciaires, notamment celles confiées au Pool judiciaire financier, l’Union des magistrats du Sénégal (UMS) sort de
Face à la montée des critiques sur la lenteur de certaines procédures judiciaires, notamment celles confiées au Pool judiciaire financier, l’Union des magistrats du Sénégal (UMS) sort de sa réserve. Dans un entretien accordé à la RFM, son président Ousmane Chimère Diouf s’est voulu ferme : « La justice n’obéit à aucun pouvoir politique ».
Réagissant aux récentes déclarations du Premier ministre sur la politique pénale, le magistrat rappelle que si celle-ci est définie par le gouvernement, son application relève exclusivement des magistrats. « Aucun autre pouvoir n’a le droit d’interférer », martèle-t-il, soutenant ainsi la position du ministre de la Justice Ousmane Diagne.
Interpellé sur les attentes de célérité exprimées par certains Sénégalais, notamment après la dissolution de la CREI et la création du Pool judiciaire financier (PJF), le président de l’UMS appelle à la patience. « Les infractions traitées par le PJF sont d’une grande complexité. Il faut du temps pour mener des enquêtes sérieuses et rendre une justice équitable », explique-t-il.
Concernant les accusations d’instrumentalisation de la justice par le pouvoir, Ousmane Chimère Diouf est catégorique : « Nous ne recevons d’ordres ni du président de la République, ni du ministre de la Justice ». Il déplore à ce titre certaines prises de position politiques laissant entendre le contraire.
Sur la présence du chef de l’État au Conseil supérieur de la magistrature, l’UMS ne s’oppose pas. « Contrairement à ce qui a été dit, nous n’avons jamais demandé au président de siéger. Mais sa participation ne remet pas en cause l’indépendance de la justice », affirme-t-il.
Enfin, l’UMS condamne les attaques visant la Cour des comptes après la publication de son rapport. Pour son président, « être cité dans un rapport ne signifie pas culpabilité. Il faut respecter la présomption d’innocence ».
Avec cette sortie publique, les magistrats entendent remettre les pendules à l’heure et réaffirmer leur attachement à une justice indépendante, sereine et imperméable à toute pression.