LETTRE OUVERTE AU MINISTRE DU TRANSPORT : « Transport vers la Casamance à la veille de la Tabaski : une injustice sociale devenue tradition ? »
mai 29, 2025
0
Monsieur le Ministre, À chaque veille de Tabaski, le même scénario se répète, et toujours avec le même silence officiel : les prix du transport entre Dakar et
Monsieur le Ministre,
À chaque veille de Tabaski, le même scénario se répète, et toujours avec le même silence officiel : les prix du transport entre Dakar et les régions – notamment la Casamance – explosent. Ainsi , un billet Dakar–Ziguinchor qui coûte normalement 8 000 à 10 000 FCFA peut atteindre 15 000 à 20 000 FCFA. Pour une famille de cinq personnes, cela devient un luxe – voire un rêve impossible.
Et pourtant, la Tabaski, c’est la fête du partage, de la solidarité, du retour aux racines. Mais comment rentrer quand le ticket de car coûte plus cher que le mouton ?
Monsieur le Ministre,
Le droit à la mobilité est un droit fondamental. En refusant d’encadrer les prix du transport en période de fête, l’État favorise une discrimination de fait entre les citoyens : ceux qui peuvent rentrer chez eux, et ceux qui sont condamnés à rester seuls à Dakar par manque de moyens.
La Casamance n’est pas un pays étranger, c’est le Sénégal. Pourquoi l’accès à cette partie du territoire devient-il un luxe périodique ?
Monsieur le Ministre,
Nous ne venons pas avec des critiques stériles, mais avec des pistes de solutions :
Subventionner les lignes Dakar–Ziguinchor en période de fête.
Renforcer le nombre de rotations maritimes du bateau
Développer un système de réservation en ligne transparent pour éviter le marché noir.
Encadrer les tarifs par des arrêtés préfectoraux comme cela se fait ailleurs.
Ce que nous posons ici, ce n’est pas juste un problème de transport. C’est une question d’unité nationale, de justice territoriale et de respect envers la Casamance et ses fils.
Tant qu’un Sénégalais aura du mal à rentrer chez lui parce que son village est loin de la capitale, alors le vivre-ensemble que nous prêchons restera un vœu pieux.
Monsieur le Ministre, vous avez entre les mains un outil puissant : le pouvoir d’agir. Ce que nous vous demandons, c’est de ne pas regarder ailleurs pendant que des milliers de familles sont otages de la spéculation routière.
Car le vrai transport ne se mesure pas en kilomètres, mais en liens humains. Et aujourd’hui, ces liens sont bloqués au péage de l’indifférence.
Agissez. Encadrez. Écoutez. Et faites de la Tabaski une fête pour tous, pas un calvaire pour les plus pauvres.