30 November 2025
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MAIRIE DE DAKAR-PLATEAU VS LONASE : UN BRAS DE FER RÉVÉLATEUR D’ UN MALAISE INSTITUTIONNEL

  • novembre 3, 2025
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Le ton est monté entre le maire de Dakar-Plateau, Alioune Ndoye, et le directeur général de la LONASE, Toussaint Manga. Ce qui n’était au départ qu’un simple désaccord

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MAIRIE DE DAKAR-PLATEAU VS LONASE : UN BRAS DE FER RÉVÉLATEUR D’ UN MALAISE INSTITUTIONNEL

Le ton est monté entre le maire de Dakar-Plateau, Alioune Ndoye, et le directeur général de la LONASE, Toussaint Manga. Ce qui n’était au départ qu’un simple désaccord administratif sur l’occupation de l’espace public s’est mué en un affrontement verbal d’une rare virulence, exposé en plein jour sur les réseaux sociaux.

Un épisode symptomatique d’un climat de tension croissante dans la gestion des affaires publiques au Sénégal.

_Une lettre de trop_

Tout est parti d’un courrier officiel adressé par le maire de Dakar-Plateau à la direction générale de la LONASE. Dans sa correspondance, Alioune Ndoye accuse la société nationale d’occuper illégalement plusieurs trottoirs de la commune à travers des cantines et kiosques relevant de son réseau commercial.

Selon lui, ces installations « entravent la libre circulation » et « nuisent à la qualité de vie des habitants ». Il somme ainsi la LONASE de libérer les espaces publics dans un délai d’un mois.

_La riposte musclée de la LONASE_

La réaction du directeur général, Toussaint Manga, ne s’est pas fait attendre. Sur sa page Facebook, il dénonce une « attitude hostile » du maire, qu’il accuse de refuser tout dialogue depuis son arrivée à la tête de la municipalité.

Mais son message prend rapidement un tour personnel :

> « Cette LONASE que tu dénigres, que tu as refusé de recevoir depuis un an, c’est pourtant elle qui nourrit ta propre fille qui y gagne son pain », écrit-il, insinuant un conflit d’intérêt familial.

Une sortie qui a enflammé la toile et déclenché une avalanche de réactions. Entre partisans outrés et soutiens du DG, le débat s’est déporté sur le terrain des émotions, bien loin du sujet initial : la gestion du domaine public.

_Une réplique cinglante du maire_

Alioune Ndoye, visiblement piqué au vif, a répondu dans un ton tout aussi incisif. Dans un long message publié sur les réseaux sociaux, il dénonce « un étalage de manque d’éducation » et traite son interlocuteur de « menteur » et de « gueux dont on a fait un DG ».

> « Tu prétends qu’une fille m’appartenant prospère aux dépens de votre société. Je te mets au défi de nommer cette chimère et d’en révéler l’identité », écrit-il, promettant de « faire éclater la vérité à la face de tous ».

L’échange, d’abord institutionnel, s’est ainsi transformé en duel d’ego, où les arguments administratifs ont vite laissé place aux attaques personnelles.

_Quand le désaccord administratif vire à la querelle publique_

Au-delà des invectives, cette affaire illustre les tensions récurrentes entre certaines mairies et les sociétés nationales sur la gestion de l’espace urbain à Dakar. La multiplication des kiosques et structures commerciales dans les rues du centre-ville alimente régulièrement des frictions entre autorités locales et entreprises publiques, chacune revendiquant sa légitimité.

Les municipalités invoquent leurs prérogatives en matière d’aménagement du territoire, tandis que les sociétés d’État défendent leur mission économique et sociale. Mais dans ce climat tendu, les échanges formels cèdent souvent la place à des règlements de comptes politiques ou personnels.

_La République à l’épreuve des ego_

Ce bras de fer dépasse de loin la simple question des trottoirs de Dakar-Plateau. Il met en lumière un malaise plus profond dans la culture politique et administrative sénégalaise.

Les institutions, au lieu de dialoguer dans la discrétion et la responsabilité, se livrent de plus en plus à des passes d’armes publiques, souvent sur les réseaux sociaux, nouveaux champs de bataille où se joue la crédibilité des responsables.

Quand un maire et un directeur général d’entreprise publique s’invectivent en direct sur Facebook, c’est l’image même de la gouvernance qui vacille.

L’État, dans ses différentes composantes, se retrouve alors prisonnier d’un jeu d’ego où la forme prend le pas sur le fond, et où la communication devient une arme plus qu’un outil.

Ce face-à-face entre Alioune Ndoye et Toussaint Manga traduit un dérèglement du débat public : celui d’une République où les querelles personnelles remplacent les discussions de fond, et où la frontière entre le politique et l’institutionnel s’efface de plus en plus.

_Pendant que les mots s’entrechoquent, les trottoirs, eux, restent encombrés_

Dans cette bataille d’orgueil, les citoyens assistent, désabusés, à un spectacle où la gestion urbaine devient prétexte à des règlements de comptes.

Et pendant que les mots volent bas, les trottoirs demeurent encombrés, les tensions intactes, et le dialogue institutionnel toujours en attente.

Par: Colylamine

Rédaction: Dakmedina.com

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