LES MAMANS DU POUVOIR : CHRONIQUE D’UN DUEL EN PROCURATION
novembre 13, 2025
0
Entre loyauté filiale et rivalité politique, Mère Aïda et Mère Mimi semblent avoir troqué leurs casseroles contre des tracts et des punchlines bien aiguisées. Deux figures maternelles du
Entre loyauté filiale et rivalité politique, Mère Aïda et Mère Mimi semblent avoir troqué leurs casseroles contre des tracts et des punchlines bien aiguisées. Deux figures maternelles du landerneau politique, deux tempéraments de feu, pour un seul héritage : le projet national porté par le tandem Diomaye–Sonko. Mais quand la maternité devient arme politique, gare aux étincelles… et aux brûlures.
Elles sont deux, comme les deux faces d’une même médaille : Aïda Mbodji, la lionne de Bambey, et Mimi Touré, l’amazone républicaine. Deux femmes forgées par la lutte, la conviction et les désillusions du pouvoir. Aujourd’hui, elles se réinventent en gardiennes zélées d’un projet qu’elles prétendent protéger, chacune à sa manière, chacune avec sa phrase fétiche devenue légende.
« Ma carte, ma caution », lançait jadis Aïda Mbodji, en signe d’indépendance et de loyauté inébranlable envers ses convictions. « On accélère la cadence », répliquait Mimi Touré, pressée d’imprimer sa marque, de ne pas s’enliser dans les palabres, d’aller droit au but.
Deux slogans, deux philosophies. L’une parle avec le cœur, l’autre agit avec méthode. L’une défend le tribun Sonko avec la fougue d’une mère protectrice, l’autre soutient le président Diomaye avec la rigueur d’une stratège aguerrie.
Mais dans ce feuilleton politique aux airs de soap républicain, les Mamans du Pouvoir donnent parfois l’impression d’oublier que la République n’est pas un salon familial. Le Sénégal n’est pas un berceau que l’on balance entre deux chambres selon les humeurs du jour. Il n’a pas besoin de bras armés maternels, mais de voix apaisées et de têtes lucides.
Et le peuple, surtout les Pastefiens , regarde tout cela avec un mélange d’affection et d’ironie. Ces « mamans » qu’on vénérait hier pour leur courage, on les observe aujourd’hui comme deux tatas du quartier qui se disputent la recette du thiéboudiène national. À force de vouloir protéger chacune leurs fils d’emprunt, certaines mères finissent par rallumer les feux qu’elles prétendaient éteindre.
Car quand deux mères se battent pour leurs fils, ce n’est jamais la famille qui gagne. C’est souvent le pays tout entier qui soupire.
Le tandem Diomaye–Sonko n’a pas été bâti pour flatter des egos ou gérer des héritages politiques. C’était une idée collective, un rêve de refondation. Mais à force de piques, de postures et de déclarations bien senties, on frôle le risque que le combat des idées se transforme en compétition de loyautés maternelles.
Alors, Mère Aïda, Mère Mimi, souvenez-vous : Quand les fils se taisent, ce n’est pas pour que les mères crient. Quand la jeunesse appelle à l’unité, ce n’est pas pour qu’on lui serve des querelles en prime time.
Le Sénégal a besoin du meilleur de vous, de votre calme, de votre grandeur, de votre sagesse maternelle. Pas de gladiatrices de salon, mais de gardiennes de la République. Rangez les gants, sortez les chapelets. Le peuple ne veut pas d’un ring, mais d’un horizon.
Et dans cette belle histoire nationale, souvenez-vous : celle qui élève ne doit jamais abaisser… mais peut toujours piquer un peu.