Diomaye, le croque-martyr.e.s Par Adama Gaye*
- novembre 24, 2025
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En trahissant la mémoire des victimes des tueries du Boucher de Dakar, Macky Sall, qui a fait pire que les Français qu’il condamne depuis son accession au pouvoir
En trahissant la mémoire des victimes des tueries du Boucher de Dakar, Macky Sall, qui a fait pire que les Français qu’il condamne depuis son accession au pouvoir

En trahissant la mémoire des victimes des tueries du Boucher de Dakar, Macky Sall, qui a fait pire que les Français qu’il condamne depuis son accession au pouvoir pour leur orgie en 1944, à Thiaroye, contre des tirailleurs Sénégalais, Bassirou Diomaye Diakhar Faye prouve non seulement sa duplicité, son ambivalence, mais son cynisme.
Ce n’est pas verser dans quelque angélisme naïf que de croire indispensable la gestion mémorielle de la question lourde du dossier des martyr.e.s de ce qui fut la période récente la plus sombre et sanguinaire, en plus d’être chargée de privations de libertés pour des milliers de nos compatriotes, de pillages de nos ressources financières et naturelles, ou encore de destructions des fondements de notre pacte social.
Rarement dans l’histoire a-t-on vu, comme avec Diomaye, un dirigeant qui a vécu et subi de tels moments si violents et meurtriers vouloir, sans remords, passer sans transition à autre chose.
Comme si de rien n’avait été. Comme si les morts ne l’étaient pas pour des causes fondamentales à la restauration des valeurs de notre pays. Comme si l’après nazisme ou l’après apartheid avaient été traités comme des passages ordinaires dans les sociétés respectives de l’Allemagne Hitlérienne ou de l’Afrique du Sud ségrégationniste où ces horreurs avaient eu lieu.
La froideur avec laquelle Diomaye, au nom d’une prétendue réconciliation-blanchiment, veut passer par pertes et profits la mémoire des martyr.e.s et absoudre les criminel.le.s derrière les tueries ainsi que les auteur.e.s des détournements les plus massifs des finances publiques du Sénégal dépasse l’entendement.
C’est comme s’il ne s’agissait-là que du passage d’un vent doux, de la caresse d’une brise marine, sur la société nationale.
C’est terrible ce que cela révèle de sa personnalité. C’est un pouvoiriste, épicurien au long cours, sans états d’âmes qui se projette au peuple du Sénégal, l’air de lui dire: oublions tout et passons à autre chose, traduisant ainsi sa volonté de ne s’occuper que de son ancrage, à des fins jouissives, à la tête du pays.
Qu’Ousmane Sonko ait été fautif dans plusieurs instances, y compris sa fermeture vis-à-vis des personnes ayant participé à la lutte contre le Boucher de Dakar et ses certitudes d’être né pour gouverner le pays, en oubliant les règles imprévisibles de toute démocratie digne de ce nom, étaient suffisamment de raisons pour qu’il devienne la cible de critiques légitimes.
Ses errements dans la gestion économique du pays, sans compter ses propos souvent maladroits qui affolent marchés et investisseurs, avaient fini par en faire le parfait bouc émissaire des contempteurs du pouvoir Pastef -et de ses échecs flagrants.
En jouant longtemps au sage, posé, poli, Diomaye avait jusqu’ici réussi à tromper son monde. Via un magistral tour de roublardise lui donnant l’image rassurante d’un leadership capable de tenir la barre par les temps houleux que traverse le Sénégal pour le mener à bon port.
Le contraste était à son avantage. Qui en faisait le chouchou de certains cercles, douteux en diable, qui le sentaient peu vertueux, homme de compromissions, autant aux yeux des architectes des heures de terreurs, tortures, tueries et du vandalisme d’Etat qu’auprès de maints partenaires extérieurs, notamment Occidentaux et de milieux africains attentifs à l’évolution du pays. Il leur donne raison en abdiquant les raisons de sa présence au pouvoir.
Par sa collusion ouvertement actée avec les individus qui ont semé le sang et les privations de libertés, dévalisé les caisses publiques, juste pour avoir leur onction dans son ambition personnelle de confiscation du pouvoir, Diomaye ne s’inscrit pas seulement en faux contre le rêve d’une transformation structurelle, éthique, moderne, systémique du Sénégal, loin des pratiques qui ont plombé sa marche depuis son indépendance.
Il fait pire: ses nouvelles accointances restaurent, en effet, les contre-valeurs dont des milliers de compatriotes, y compris de nombreuses victimes, espéraient s’être débarrassées au soir de sa victoire présidentielle, le 24 mars, l’an dernier.
Il les surprends désagréablement en épousant une logique traîtresse que l’histoire retiendra comme l’un des moments les plus lugubres de la jeune existence du Sénégal post-indépendance.
Sous cette aune, Diomaye Faye ne doit pas échapper à la punition populaire qu’il mérite.
Tout le monde est face à l’évidence crasse qui emerge de sa posture.
Cet homme est prêt à tout comme l’attestent son visage ferme, son regard fuyant, sa démarche presque gauche, qui en disent long sur ce qu’il n’est pas: un Président fiable.
Les martyr.e.s peuvent hélas se retourner dans leurs tombes pour contribuer à finir cette tragique perversion de la cause pour laquelle leurs vies ont été brutalement abrégées dans d’atroces conditions.
C’est leur deuxième enterrement sans couronnes ni fleurs ni même discours post-mortem en leur honneur, dans l’oubli de leur lutte, par celui qui se trouve aux commandes du pays du fait de leurs sacrifices suprêmes.
C’est leur seconde exécution perpétrée avec l’assentiment de l’homme qui a récolté le fruit des combats contre la dictature. Elle se fait en compagnie des rescapé.e.s des escadrons de la mort qui les ont tué.e.s.
Se taire n’est plus un droit. Il faut répondre à ces manoeuvres gravissimes indignes de notre nation.
Nous disons non, non et non! Car ce qui est en jeu n’est pas un acte de réconciliation nationale ni de reconstruction d’un hymen détruit par les années de violences ayant déchiré le tissu social national.
C’est une haute trahison. L’enjeu transcende la personnalité de quelque acteur politique national qu’il soit puisqu’il interroge le coeur de notre projet national.
C’est d’être ou de ne pas être qu’il est question. Nous sommes sommé.e.s de répondre. En disant ensemble non à l’oubli et au pardon de crimes justiciables des cours et tribunaux de la dimension de ceux instaurés, de Nuremberg à Tokyo, Liberia et Freetown, pour vider les pires atrocités et destructions humaines.
Diomaye, as-tu du coeur ? Il semble bien que non. Nous devons donc te soigner, de gré ou de force !
Il est temps pour le peuple du Sénégal de se déterminer. D’être parmi les combattant.e.s ou de suivre les héritier.e.s de Pétain.
Diomaye, entends-tu la voix de l’honneur? Il est minuit, jeune homme, la petite porte de la poubelle de l’histoire semble être ton destin si tu ne le conjures pas, ici et maintenant!
Adama Gaye est un exilé politique Sénégalais.
ps: comme la journée des Tirailleurs célébrée à Thiaroye avec faste le 1er décembre 2024, il est temps qu’une journée des Martyr.e.s dont la mort n’est pas imputable à quelque colon mais d’essence nationale soit aussi créée.
Indexer les actes répréhensibles des étrangers sur notre sol sans le faire des nôtres propres, c’est une autre facette de la trahison Diomayenne.