29 November 2025
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DÉPÊCHE : BOYCOTT DES QUESTIONS D’ ACTUALITÉ PAR LES DÉPUTÉS NON-INSCRITS ET TAKKU WALLY

  • novembre 27, 2025
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Dakar, 27 novembre 2025 – Les députés non-inscrits et l’ensemble des membres du groupe parlementaire Takku Wallu ont annoncé qu’ils ne participeront pas à la séance de Questions

DÉPÊCHE : BOYCOTT DES QUESTIONS D’ ACTUALITÉ PAR LES DÉPUTÉS NON-INSCRITS ET TAKKU WALLY

Dakar, 27 novembre 2025 – Les députés non-inscrits et l’ensemble des membres du groupe parlementaire Takku Wallu ont annoncé qu’ils ne participeront pas à la séance de Questions d’actualité prévue vendredi 28 novembre 2025 à l’Assemblée nationale.

Dans un communiqué conjoint, ils expliquent que cette décision vise à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une dérive de l’exercice parlementaire, transformé en tribune de confrontation partisane plutôt qu’en moment de contrôle républicain. Les parlementaires pointent notamment un dispositif « déséquilibré » dans le code de conduite, limitant le nombre de questions et donnant priorité à certains groupes, dont PASTEF.

Ils rappellent également que l’urgence pour le pays reste le débat budgétaire, qui s’ouvrira samedi 29 novembre, pour traiter des questions cruciales comme l’éducation, la santé, la sécurité, l’emploi et le pouvoir d’achat des Sénégalais.

Les députés affirment que la non-participation à la séance reflète leur volonté de préserver la dignité de l’institution, protéger le cadre républicain et refuser la banalisation de pratiques qu’ils jugent préjudiciables au rôle du Parlement.

COMMUNIQUÉ CONJOINT – Députés Non-Inscrits et Groupe Parlementaire Takku Wallu

(intégralité du communiqué ci-dessous)

COMMUNIQUÉ CONJOINT

Députés Non-Inscrits et Groupe Parlementaire Takku Wallu

L’Assemblée nationale est convoquée en séance de Questions d’actualité le vendredi 28 novembre 2025 à 9 heures.

Les députés non-inscrits, dans leur majorité, ainsi que l’ensemble des membres du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, portent à la connaissance de l’opinion nationale et internationale leur décision de ne pas y participer.

Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une position déjà exprimée et toujours pas prise en compte par l’Assemblée nationale. Elle répond à un impératif de cohérence et de responsabilité: protéger la dignité de l’institution, préserver le cadre républicain du débat parlementaire et refuser la banalisation de pratiques qui la dévalorisent.

Au lieu d’être un moment de contrôle républicain, les Questions d’actualité ont été détournées de leur finalité. Le Premier ministre intervient selon une logique d’opportunité politique, sans considération pour le calendrier du Parlement ni pour la solennité de l’exercice. Ses prises de parole, marquées par des attaques et des insinuations, transforment l’hémicycle en scène de confrontation partisane plutôt qu’en un espace de réponses utiles aux préoccupations des Sénégalaises et des Sénégalais.

L’opposition parlementaire refuse de cautionner cette dérive.

En effet, le Parlement est le cœur de la représentation nationale. Il ne saurait devenir un théâtre de mise en scène politique, encore moins le lieu où le chef du Gouvernement vient régler des difficultés internes à son propre camp. À l’heure où le pays attend clarté, sérieux et stabilité, l’institution parlementaire doit être préservée de toute instrumentalisation.

À quelques heures de l’ouverture de la session budgétaire, aucune actualité n’est plus cruciale que le vote du budget de l’État, moment déterminant pour aborder des questions aussi essentielles que l’éducation, la santé, la sécurité, l’emploi et le pouvoir d’achat. Le Parlement doit concentrer ses efforts sur cet enjeu majeur, et non sur une séance détournée de son objet pour servir des calculs politiques.

L’opposition parlementaire rejette fermement le dispositif prévu dans le « code de conduite » imposé:

une limitation arbitraire à seulement 13 questions pour plus de 25 ministères;

une répartition manifestement déséquilibrée du temps de parole entre les groupes;

un mécanisme permettant au groupe PASTEF d’enchaîner trois questions et de recevoir les réponses du Premier ministre avant toute intervention des députés de l’opposition, introduisant un déséquilibre qui rapproche dangereusement l’exercice d’un format orienté vers sa communication plutôt que d’un véritable débat parlementaire.

Un cadre aussi restrictif fige le débat, réduit la portée du contrôle parlementaire et prive les députés de l’opposition de leurs prérogatives essentielles. Aucune règle de cette nature ne peut être imposée sans le consentement unanime des représentants du peuple.

La non-participation à cette séance est également motivée par trois raisons fondamentales:

La première est qu’il apparaît clairement que c’est le Premier ministre qui a décidé, selon son bon vouloir et son propre agenda politique, de faire convoquer les députés.

Or, il est inadmissible, dans une démocratie comme la nôtre, que l’Assemblée nationale soit à la remorque du Premier ministre. Bien au contraire, c’est à elle de convoquer le Premier ministre et le Gouvernement, et non l’inverse.

La deuxième raison tient à la volonté manifeste du Premier ministre de transformer l’hémicycle en tribune de meeting politique, vidant ainsi de tout sérieux et de toute crédibilité un exercice de haute portée républicaine.

La troisième raison est que l’unique urgence, en ce moment, est de répondre aux difficultés et aux souffrances que vivent les populations du Sénégal, ce que l’opposition parlementaire entend rappeler avec force tout au long du débat budgétaire qui s’ouvrira dès le lendemain, samedi 29 novembre.

L’opposition sera en conséquence au premier rang de ces préoccupations, ayant pour seule priorité d’exiger du Gouvernement la prise en charge effective des problèmes des Sénégalais.

Fait à Dakar, le 26 novembre 2025

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