CAN 2025 – DISTINCTIONS CAF : QUAND LA VÉRITÉ DU TERRAIN INTERROGE LES CHOIX OFFICIELS
janvier 22, 2026
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La Confédération africaine de football a dévoilé ses distinctions individuelles à l’issue de la CAN 2025. Des choix qui, loin de faire l’unanimité, suscitent débats et interrogations, notamment
La Confédération africaine de football a dévoilé ses distinctions individuelles à l’issue de la CAN 2025. Des choix qui, loin de faire l’unanimité, suscitent débats et interrogations, notamment du côté sénégalais.
Battu en finale à Rabat par le Sénégal, Walid Regragui a pourtant été désigné meilleur entraîneur du tournoi. La CAF évoque un « parcours solide » et une « maîtrise tactique » du Maroc. Un argument difficilement conciliable avec la réalité du dernier acte. En finale, Pape Thiaw a pris le dessus tactiquement, menant les Lions de la Teranga au sommet du football africain. Dès lors, la distinction accordée au technicien marocain ressemble davantage à une consolation qu’à une récompense fondée sur l’aboutissement sportif.
Le onze type de la CAN 2025 alimente lui aussi la controverse. La présence du gardien marocain Yacine Bounou interroge, tant Antoine Mendy s’est montré plus constant et plus décisif tout au long de la compétition. Même lecture pour le choix d’Achraf Hakimi au détriment de Krépin Diatta. Si le statut international du Marocain est incontestable, le Sénégalais a affiché une régularité et un impact supérieurs sur l’ensemble du tournoi.
Ces décisions posent une question de fond : les distinctions de la CAF récompensent-elles prioritairement le rendement réel sur le terrain ou tiennent-elles compte de considérations extra-sportives, dans un contexte où le trophée a échappé au pays hôte ?
Au-delà des débats sportifs, ces choix renvoient à une question essentielle : celle de l’éthique dans le sport, et plus particulièrement dans le football africain. L’éthique impose que les distinctions reposent sur des critères clairs, équitables et compréhensibles par tous. Elle exige que le mérite, la régularité et l’impact réel sur le terrain priment sur le statut, la notoriété ou les considérations contextuelles.
Dans une compétition aussi prestigieuse que la CAN, la CAF porte une responsabilité morale : celle de préserver la crédibilité de ses décisions et la confiance des acteurs comme des supporters. Lorsque les récompenses semblent s’éloigner de la réalité vécue sur la pelouse, c’est l’esprit même du sport, fondé sur la justice et l’exemplarité qui se trouve fragilisé.
La CAN 2025 a livré un verdict sans ambiguïté : le Sénégal est champion d’Afrique. Pour rester fidèles à l’éthique sportive, les distinctions individuelles devraient prolonger cette vérité du terrain, seule boussole légitime du football.