14 February 2026
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Mame Thierno Kandji – Savant, voyageur et pilier de la Tidjaniya dans le Baol

  • février 14, 2026
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À l’approche du Gamou du 7 février à Ndiarème (Diourbel), les cœurs se rassemblent pour célébrer notre amour du Prophète Mouhammad (psl) et raviver la mémoire de Mame

Mame Thierno Kandji – Savant, voyageur et pilier de la Tidjaniya dans le Baol

À l’approche du Gamou du 7 février à Ndiarème (Diourbel), les cœurs se rassemblent pour célébrer notre amour du Prophète Mouhammad (psl) et raviver la mémoire de Mame Thierno Kandji, éminent savant et pilier de la Tariqa Tidjaniya dans le Baol. À travers ce rappel, il s’agit d’honorer une vie entièrement consacrée à la science, à la piété et au service de l’Islam.

Né en 1840 dans les terres spirituellement fécondes du Saloum, près de Mabo, Thierno Mouhamadou Moustapha Dramé, plus connu sous le nom de Mame Thierno Kandji (le Dramé du Saloum devient Kandji au Baol) , demeure l’une des grandes figures de l’histoire religieuse du Sénégal. Il était le fils d’Abdoulahi Dramé, Imam Ratib de Baïty durant trente ans, et de Coumba Dramé, originaire de Mabo.

Orphelin de père très jeune, il fut pris en charge par son oncle paternel Hammad Dramé, surnommé Serigne Port, qui lui donna le nom de Seydina Mouhamed lors de son baptême. Plus tard, Mame Thierno Kandji héritera de la charge d’Imam Ratib de la grande mosquée de Baïty, qu’il exercera à son tour durant trente années, suivant fidèlement la voie tracée par son père.

Dès son plus jeune âge, il manifesta une soif insatiable de savoir religieux. Toute sa vie fut consacrée à la quête de la science islamique et à l’élévation spirituelle. Il apprit le Saint Coran sous la direction de Thierno Amadou Diallo, érudit peul du Fouta Djalon originaire de Labé en Guinée, dans le daara de son oncle à Port Ndramé. C’est également par son intermédiaire qu’il reçut le Wird de la Tariqa Tidjaniya ainsi que l’Idiaza, attestant de son autorisation spirituelle au sein de la confrérie.

Animé par une quête intérieure profonde, Thierno Kandji quitta sa terre natale et entreprit seul un long périple à la recherche de foyers propices à l’enseignement du Saint Coran. De Kouk en Gambie jusqu’à Ndiarème, il parcourut de nombreux centres islamiques, enrichissant sa science et fortifiant son lien avec le Divin à chaque étape.

Il passa trois années en Gambie, partageant son temps entre l’enseignement religieux et l’agriculture, avant de poursuivre vers Rufisque, puis Bargny, où il fonda un foyer. À Yoff, il fut témoin de deux karamat de Mame Limamou Laye, expériences spirituelles marquantes dans son cheminement. Son voyage le conduisit ensuite à Khodaba, puis à Keur Mor Ndiaye, dont les habitants sollicitèrent sa présence comme Imam.

Après un bref séjour à Thiès, il se rendit à Khombole, où il rencontra Tafsir Babacar Diba, avant de rejoindre Bambey, chez El Hadji Ibrahima Kébé et El Hadji Séga Diallo. C’est chez son ami et confident El Hadji Tafsir Ahmadou Barro Ndiéguène qu’il fit la connaissance de Mame Madior Amar, commerçant habitué des séjours chez Mame Ahmadou Barro Ndiéguène à Rufisque.

Ce dernier recommanda à Mame Thierno Kandji de rencontrer son marabout, Seydi El Hadji Malick Sy, alors en retraite spirituelle à Ndiarndé, dans un champ appelé Ngambou Thillé.

La rencontre entre Mame Thierno Kandji et Mame Malick Sy fut marquée par une reconnaissance spirituelle immédiate, comme si les deux hommes se connaissaient de longue date. Un jour, Mame Malick lui demanda de terminer ses ablutions dans une chambre avant de le rejoindre. Un visiteur, croyant voir Mame Malick à l’intérieur alors qu’il l’avait laissé dehors, cria de stupeur. Maodo expliqua simplement qu’il s’agissait d’un intime : Thierno Kandji.

N’ayant pas encore atteint le degré spirituel recherché, Thierno Kandji se rendit ensuite au Mali, à Kayes, où il rencontra Tidiane Ibn Baba Al Alawi, auteur de Mounyatoul Moyitou Mouride. Après une nuit passée ensemble, ce dernier lui révéla que ce qu’il cherchait se trouvait en réalité auprès de la dernière personne qu’il avait rencontrée. Il comprit alors que sa quête le ramenait vers Seydi El Hadji Malick Sy.

De retour à Ndiarndé, de longs entretiens scellèrent une relation spirituelle exceptionnelle. Mame Malick Sy lui permit d’accéder au grade spirituel qu’il convoitait, établissant ainsi un lien durable fondé sur la science, la confiance et la fraternité spirituelle.

En 1903, suivant une guidance spirituelle claire, Mame Thierno Kandji s’établit définitivement à Ndiarème, où il ouvrit un daara et institua le Gamou, un an après celui de Tivaouane.

En 1906, il s’installa à Diourbel, qui devint son dernier refuge. La même année, à l’âge de 68 ans, il accueillit son premier fils, Serigne Cheikh Kandji.

Lors d’une visite à Diourbel en 1909, Seydi El Hadji Malick Sy recommanda à ses disciples tidjanes de s’adresser à Thierno Kandji pour toute question relative à la Tariqa, consacrant ainsi son autorité spirituelle. Un quartier de Diourbel fut même baptisé en son honneur.

Au-delà de son érudition, Mame Thierno Kandji joua un rôle majeur dans l’accueil de Cheikh Ahmadou Bamba à Diourbel. Une amitié fraternelle, fondée sur le respect et l’admiration mutuels, lia les deux hommes. Lors des Gamous organisés par Mame Thierno Kandji, Serigne Touba manifesta son soutien, illustrant la fraternité vivante entre la Tidjaniya et le Mouridisme.

Lorsque la peste frappa le Baol, Serigne Mouhamadou Moustapha Kandji fit preuve d’un courage remarquable. Refusant de fuir l’épidémie, il se consacra aux soins des malades et à l’inhumation des défunts, incarnant une foi agissante et une piété exemplaire.

Il joua un rôle central dans la propagation de la Tariqa Tidjaniya dans le Baol, à une époque où la confrérie cherchait à s’enraciner durablement. Sa prédication constante, sa pédagogie accessible et son exemplarité morale contribuèrent à asseoir solidement la Tidjaniya dans la région.

Mame Thierno Kandji entretenait d’excellentes relations avec Tafsir Ahmadou Barro Ndiéguène RTA, relations fondées sur une estime spirituelle et intellectuelle profonde. Ce dernier reconnut très tôt l’immensité de son érudition et contribua largement à la mettre en lumière. Son admiration pour Mame Thierno Kandji fut telle qu’il décida de lui donner sa fille aînée, Sokhna Astou Ndiéguène RTA, en mariage, scellant ainsi un lien à la fois spirituel et familial. De cette union naquirent sept enfants, dont trois garçons et quatre filles. Dans le même esprit de confiance et de proximité, la sœur de Sokhna Astou Ndiéguène fut également mariée au sein du cercle de la khadara de Ndiarème, renforçant davantage les liens entre les deux familles. Témoignage ultime de cette haute considération, Tafsir Ahmadou Barro Ndiéguène exprima le souhait que Mame Thierno Kandji dirige sa prière mortuaire. Si cette volonté ne put être accomplie en raison de l’absence de ce dernier, retenu par un lointain voyage au moment des funérailles, elle demeure un signe éloquent de la place éminente qu’occupait Mame Thierno Kandji dans son cœur et dans son esprit.

En 1945, à l’âge vénérable de 105 ans, affaibli par la maladie, Mame Thierno Kandji rendit l’âme un jeudi, neuvième jour du mois de Rajab. Son inhumation eut lieu en pleine nuit, sous une lune éclatante, en présence d’hommes vêtus de jellabas, que beaucoup identifièrent comme des Chérifs venus l’accompagner vers sa dernière demeure.

Son fils aîné, Serigne Cheikh Kandji, né en 1906, lui succéda en tant que Khalif à l’âge de 37 ans. Héritier digne et conscient de la lourde responsabilité qui lui incombait, il assuma le Khalifat avec science, droiture et fidélité à l’héritage spirituel de son père. Érudit accompli, homme de piété et de mesure, il marcha avec constance sur les pas de Mame Thierno Kandji, poursuivant avec discernement et sérénité l’œuvre d’enseignement, d’encadrement spirituel et de service de la communauté.

Nommé Imam Ratib de Diourbel en 1953, il joua un rôle central dans la consolidation de la Tariqa Tidjaniya dans la ville et dans le Baol, veillant à préserver l’esprit de fraternité, de rigueur morale et d’ouverture qui caractérisait l’enseignement de son illustre père. Il quitta ce monde en 1998, laissant derrière lui l’image d’un guide respecté et unanimement reconnu.

Aujourd’hui, la Khalifa est assurée par son petit-fils, Serigne Habib Ibn Serigne Cheikh Kandji, dont l’humilité remarquable, la discrétion et la fidélité à la voie héritée forcent l’estime. Marchant avec constance sur les traces de son père et de son grand-père, il s’emploie à préserver l’unité, la paix et la continuité spirituelle, tout en entretenant des relations fraternelles exemplaires avec Tivaouane, la famille Ndiéguène dont lui même fait partie car petit-fils de Tafsir Ahmadou Barro Ndiéguène, la famille Niassène de Léona à Kaolack, ainsi qu’avec Touba, dans un esprit de respect mutuel et de concorde entre les confréries.

Puisse Allah, dans Sa sagesse infinie, le garder encore longtemps parmi nous, l’assister dans sa mission, renforcer son engagement au service de l’Islam et faire de son Khalifat une source durable de paix, de lumière et de cohésion pour la communauté.

En ce Gamou de Ndiarème, célébré le 7 février, que les prières et les invocations s’élèvent en hommage à Mame Thierno Kandji, infatigable serviteur de l’Islam et artisan d’un héritage spirituel durable. Qu’Allah agrée son œuvre, élève son rang et fasse de cet événement un moment de renouveau spirituel, de fraternité et de fidélité à la voie prophétique.

Seydi Diallo

Sincères remerciements au fils du Khalif Kandji Soce pour son accompagnement durant la rédaction du texte.

Sur l’image, il s’agit de son fils et premier Khalif Serigne Cheikh Kandji.

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